Cornut

C’est depuis 1530 que l’existence des Cornut est citée dans la commune d’Aigle ; cette date se situe juste avant la conquête du Pays de Vaud par les Bernois en 1536, début chez-nous de la Réformation Protestante, et un siècle et demi avant la révocation de l’Edit de Nantes par Louis XIV en 1685.

Des notes généalogiques de Mr. le professeur Benjamin Cornuz, de Savigny, à Lausanne, remontent à Pierre Cornut, né entre 1570 et 1575, pasteur à Messery près Thonon jusqu’en 1599 ; il quitte alors la Savoie à la suite de la contre Réformation et s’établi comme Diacre (suffragant ou pasteur assistant) à Aigle en 1599 ; ensuite il est pasteur à Rossinières de 1600 à 1611 où il épouse Claudine Viret dont il a quatre enfants ; de 1611 à 1627 il est pasteur à Dommartin et de 1627 à 1644 (année de sa mort) il est pasteur à Savigny ; en 1639 il est reçu à la bourgeoisie de Lutry, qui forme alors avec Savigny une seule commune, pour « 300 florins et un corselet d’armure pour LLEE » ; il fonda la première bourse paroissiale des pauvres du canton.

Son fils Anthoine fut notaire à Savigny de 1629 à 1676, année de sa mort et eu neuf enfants, dont Esdras, né entre 1650 et 1657, Justicier de Lutry, Assesseur du Vénérable Consistoire de Savigny ; c’est en 1824, lors de la formation de cette commune, que les Cornut devinrent d’office bourgeois de Savigny.

Une branche de Lutry, s’écrivant Cornuz, s’est établie dans la commune du Mur et en est encore actuellement bourgeoise. Quant aux Cornu de Chamblon et aux Cornuz de Villars-Mendraz et de Mutrux, il s’agit de souches différentes semblant n’offrir aucun rapport entre elles.

On retrouve de nos jours beaucoup de Cornut dans la région de Vouvry.

 

ARMOIRIES

« de gueules (rouge) à la licorne saillants d’or, soutenue d’un croissant d’argent en pointe ».

Ces armes, portées par les Cornut de Savigny, Lutry et Aigle, figurent dans l’Armorial Vaudois de Galbreath ; elles ont été relevés sur le cachet de JBC (Jean-Baptiste ?) de 1717 dans les archives de la collection Bugnion à Lausanne ; l’armorial Stettler de 1700 donne le même écu mais avec un mont de trois coupeaux en place du croissant.

Les Cornuz du Mur blasonnent à « un mur crénelé et deux fleurs de lis » ; les Cornu de Chamblon et de Villars-Mendraz à « une corne fleurie, deux étoiles et un mont de trois coupeaux », les premiers avec champ d’azur et les seconds sur champ de gueules.

 

Référence : Lettre du 16 Janvier 1947 de Benjamin Cornuz à Vennes
Lettre du 20 Juin 1953 de Roland Jayet héraldiste à Lausanne

 

Tous les Cornut ou Cornuz de Savigny et de Lutry, actuellement sont les descendants, non seulement de Pierre Cornut et d'Anthoine Cornut mais aussi d'Esdras Cornut et de Françoise Corboz.
Les autres enfants mâles de Pierre Cornut et d'Esdras Cornut n'ont pas fait souche jusqu'à nos jours, mais leurs familles se sont éteinte quant aux mâles vers le milieu du 18ème siècle. Une partie des
Cornut descendent du frère aîné d'Abraham Cornut, qui se nommait Noé Cornut.